RTL – L’ONG Oxfam cible les disparités toujours plus criantes du système alimentaire mondial

 22/06/2018

« Un rapport de l’organisation Oxfam dénonce une fois de plus le conditions terribles des petits agriculteurs qui, à l’autre bout du monde, produisent cacao, jus d’orange ou crevettes. Vous allez peut-être réfléchir la prochaine fois que vous ferez vos courses.

Les haricots vert du Kenya sont très pratiques, ils sont déjà effilés. Le producteur qui les a fait pousser touche, sur une barquette de 500 grammes vendue plus de 4 euros, seulement 10 centimes.

Votre jus d’orange du Brésil, vendu 1,27 euro dans un supermarché français ? Le producteur touche 7 centimes, alors que le même supermarché, lui, va empocher 58 centimes de marge. La grande surface va gagner huit fois plus.

Selon la confédération internationale des syndicats, 84 % des producteurs de cacao, de thé et d’orange n’ont pas assez pour vivre décemment. Les gens qui nous nourrissent meurent de faim, alors qu’il suffirait de leur payer entre 1 et 5 centimes de plus, pour qu’ils puissent manger, se soigner.

Oxfam dénonce les marges astronomiques que font les importateurs et surtout les distributeurs. Pour gagner ce que gagne en une seule journée le patron d’une grande enseigne française de distribution, une cueilleuse de thé en Inde doit travailler 64 ans.

Ces filières qui garantissent un prix

Oxfam demande que dans la future loi sur les entreprises, qui sera votée à l’automne, les députés obligent les distributeurs à mieux payer leurs producteurs. Car c’est possible, et pour eux c’est dérisoire.

Aujourd’hui, les produits du commerce équitable le montrent. Eux garantissent justement quelques centimes de plus aux agriculteurs au bout du monde et chez nous. Car le même problème se pose en France.

Un tiers des agriculteurs gagnent moins de 300 euros par mois. Il y a des filières qui leur garantissent un prix : “C’est qui le Patron ?!”, “Les laitiers responsables” ou le label Max Havelaar pour les produits importés. Le consommateur a désormais le choix. »

VIRGINIE GARIN ET LOÏC FARGE

Article original