CAPITAL – Le beurre de la marque c’est qui le Patron restera-t-elle en rayon ?

Le beurre de la marque C'est qui le patron restera-t-il en rayon ?
10/07/2019

« Le prix très compétitif du produit en rayon n’est plus tenable pour le fournisseur Sodiaal.

L’avenir du beurre C’est qui le patron doit se décider dans les semaines à venir. Le produit pourrait en effet disparaître prochainement des rayons des supermarchés en raison de son prix trop bas. Comme l’explique le blog Grande Conso d’Olivier Dauvers, un des meilleurs experts de la distribution, le produit, vendu pour le moment 2,20 euros les 250g ne permet pas au fournisseur Sodiaal de s’y retrouver. Lors du lancement du beurre CQLP, le prix avait été calculé sur la base d’un paiement à l’éleveur de 450 euros pour 1.000 litres de lait. Un calcul trop serré qui entraîne de lourdes pertes pour Sodiaal. La coopérative achète aujourd’hui son lait 466 euros les 1.000 litres.

La société comptait également revendre la poudre de lait bio restante à 3.300 euros la tonne. Là encore, le calcul n’était pas bon puisque la valorisation actuelle du produit n’atteint même pas 2.000 euros. Face à ces réalités, la marque C’est qui le patron doit augmenter le prix de son beurre en rayon de 30%, le faisant passer de 2,20 à 2,94 euros. Mais la marque a un cahier des charges bien précis qui rend l’opération compliquée.

Une grande consultation lancée pour le beurre CQLP

Tout d’abord, CQLP marque le prix de ses produits sur leur emballage, freinant du même coup les possibilités d’évolution des prix en fonction des réalités du marché des matières premières. Ensuite, en instaurant le principe de consomm’acteurs, la marque doit obtenir l’accord de ses consommateurs/sociétaires pour modifier son cahier des charges, qui définit notamment le prix des produits.

Avant toute modification du prix de son beurre, la marque doit donc lancer une grande consultation auprès des personnes ayant participé à la création du beurre CQLP et leur demander l’autorisation d’augmenter le tarif de son produit de 30%. Leur réponse décidera de l’avenir du beurre en rayon, mais devrait également être révélatrice de la volonté ou non des consommateurs de devenir de plus grands acteurs dans la production et la vente des produits dans les rayons dans leurs supermarchés. »

Annick BERGER

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